Un nom ancré dans l’histoire
L’appellation savon de Castille désigne un savon à base d’huile d’olive originaire de la région historique de Castille, au centre de l’Espagne. Ce nom s’est imposé en Europe dès le Moyen Âge, grâce à l’exportation massive de ce savon végétal, qui tranchait nettement avec les productions locales à base de graisses animales.
Une tradition méditerranéenne adaptée au terroir castillan
Les techniques de saponification végétale ont circulé en Méditerranée à partir du XIᵉ siècle, notamment via les routes commerciales et les retours de croisades. Inspiré du savon d’Alep, fabriqué à partir d’huile d’olive et de baies de laurier, le savon castillan s’en démarque rapidement : les artisans espagnols adaptent la recette à leur environnement en supprimant le laurier, rare sur leur territoire, et en misant sur l’abondance locale d’olives.
Le résultat : une formule sobre et efficace, composée uniquement d’huile d’olive, d’eau et de soude.
L’apport méconnu de la soude végétale
Un autre ingrédient local a renforcé la réputation du savon castillan : la barrilla, issue de plantes halophytes comme la Salsola kali, cultivées sur les littoraux espagnols. Après combustion, ces plantes fournissaient une soude naturelle particulièrement pure, idéale pour la saponification.
Ce duo local huile d’olive et alcali végétal permettait d’obtenir un savon dur, stable, capable de voyager sans rancir ni fondre. Il est rapidement devenu une référence auprès des apothicaires européens.
Un produit qui bouscule les monopoles
L’influence du savon de Castille dépasse la sphère artisanale. Au XVIIᵉ siècle, il provoque des tensions politiques en Angleterre : en 1632, le roi Charles Iᵉʳ tente d’imposer un monopole de fabrication local pour réduire les importations espagnoles. Mais la qualité des copies à base de suif ne convainc ni la noblesse ni les blanchisseuses. Malgré les restrictions, le savon castillan continue de circuler, notamment via un commerce parallèle très actif.
Une formule toujours actuelle
Aujourd’hui encore, la recette traditionnelle reste un modèle de simplicité :
- Huile d’olive
- Eau
- Soude (hydroxyde de sodium ou de potassium)
La saponification à froid, utilisée dans certaines fabrications artisanales modernes, permet de conserver naturellement la glycérine issue de la réaction. Ce procédé s’inscrit dans la continuité d’un produit minimaliste, respectueux de la matière première.
Une appellation élargie mais non protégée
Le terme « savon de Castille » n’est pas réglementé. Il est aujourd’hui utilisé pour désigner des savons végétaux incluant d’autres huiles comme le coco, le tournesol ou le chanvre, et se décline en format liquide ou solide. Cette évolution élargit les usages tout en gardant l’esprit d’origine : un savon simple, sans additifs issus de la pétrochimie, adapté aux besoins du quotidien.
Pourquoi séduit-il encore ?
Dans un contexte de recherche de cohérence et de transparence dans les formulations, le savon de Castille offre une alternative sobre et polyvalente :
- soins du corps et des cheveux
- nettoyage de la maison
- lessive manuelle
- base pour recettes DIY
Sa biodégradabilité, son origine végétale et sa composition courte font de lui un produit cohérent avec les valeurs actuelles de consommation responsable.
En résumé
| Élément | Détail |
|---|---|
| Origine | Castille (Espagne), savoir-faire méditerranéen |
| Ingrédients clés | Huile d’olive, eau, soude végétale |
| Spécificité | Formule 100 % végétale, sans graisses animales |
| Évolution moderne | Formats liquides ou solides, multi-huiles |
| Usages | Corps, maison, linge, soins DIY |
| Valeurs associées | Minimalisme, écologie, durabilité |
Et vous ?
Utilisez-vous le savon de Castille sous sa forme liquide ou solide ? Pour quels usages l’avez-vous adopté ? Partagez vos retours ou astuces en commentaire.

