[Seine-et-Marne] – À la fin de l’hiver, le paysage semble encore figé. Pourtant, certaines plantes entrent déjà en floraison. Discrètes et souvent peu remarquées, ces floraisons précoces jouent un rôle particulier pour les abeilles, à un moment où les ressources restent limitées.
Contrairement aux grandes floraisons printanières, ces premières fleurs ne produisent pas de nectar en abondance. Leur intérêt se situe ailleurs : elles marquent le début d’une transition progressive entre l’hiver et la reprise d’activité.
Des plantes souvent ignorées du grand public
Parmi les floraisons les plus précoces, le noisetier occupe une place à part. Ses chatons, visibles parfois dès la fin janvier selon les conditions météorologiques, apparaissent bien avant que le paysage ne verdisse réellement.
Ces chatons produisent principalement du pollen. Pour les abeilles, cette ressource intervient à un moment clé, lorsque la colonie commence lentement à se réorganiser après la période hivernale.
Une activité encore très mesurée
Les sorties des abeilles restent limitées à cette période. Elles se produisent uniquement lors de journées calmes et relativement douces. Il ne s’agit pas d’une reprise franche de butinage, mais plutôt de vols courts et ciblés.
Ces observations varient fortement selon les années. Un hiver doux peut avancer l’apparition des chatons, tandis qu’un froid prolongé peut retarder ces floraisons de plusieurs semaines.
Un signal plus qu’une ressource massive
Les floraisons précoces, comme celle du noisetier, ne suffisent pas à elles seules à soutenir durablement une colonie. Leur rôle est avant tout progressif. Elles accompagnent la transition vers des périodes plus favorables, sans se substituer aux floraisons de printemps plus abondantes.
Pour l’apiculteur, leur présence constitue surtout un indicateur naturel. Elle permet d’observer l’évolution du cycle saisonnier et d’anticiper les étapes suivantes, sans précipitation.
Observer la nature sans hâte
À cette période de l’année, chaque sortie d’abeille attire l’attention. Pourtant, la prudence reste de mise. La colonie avance à son propre rythme, guidée par la météo et la disponibilité réelle des ressources.
Les chatons de noisetier rappellent que la saison ne bascule pas brutalement. Elle s’installe par étapes successives, souvent discrètes, mais essentielles à l’équilibre global.
Article rédigé par Sébastien GOISET, apiculteur et fondateur de Peau de Miel.


