[Seine-et-Marne] – En plein hiver, il suffit parfois de quelques heures de douceur pour voir réapparaître une activité inattendue autour des ruches. Lorsque le soleil s’installe et que les températures remontent légèrement, certaines abeilles effectuent de brèves sorties, rompant le calme apparent de la saison froide.
Ces vols restent ponctuels et strictement conditionnés par la météo. Ils ne traduisent pas une reprise générale de l’activité, mais correspondent à des besoins précis de la colonie, rendus possibles par des ressources florales très localisées.
Des sorties déclenchées par des conditions favorables
Les abeilles profitent uniquement de fenêtres météorologiques favorables : températures positives, absence de vent marqué et ensoleillement suffisant. Ces conditions, même temporaires, permettent des sorties brèves autour de la ruche.
À l’inverse, un refroidissement soudain ou un ciel couvert interrompt rapidement toute activité extérieure. La colonie ajuste son comportement en permanence aux variations climatiques.
Le crocus, une ressource ponctuelle mais visible
Parmi les rares fleurs accessibles en fin d’hiver, le crocus occupe une place particulière. Sa floraison précoce coïncide souvent avec ces journées douces, offrant du pollen à un moment où les ressources restent limitées.
Les abeilles s’y rendent lors de sorties courtes, sans s’éloigner excessivement de la ruche. Ces récoltes restent modestes en volume, mais témoignent d’une reprise progressive de l’activité extérieure.
Une activité courte et ciblée
Les sorties observées à cette période sont généralement de courte durée. Les abeilles reviennent rapidement à l’abri, limitant leur exposition au froid. Il ne s’agit pas d’un butinage continu, mais d’une exploitation ponctuelle des opportunités offertes par l’environnement immédiat.
Ce comportement prudent permet à la colonie de préserver son équilibre interne tout en tirant parti de ressources temporaires.
Observer sans précipiter la saison
Voir des abeilles récolter du pollen en février peut donner l’impression d’un printemps précoce. Pourtant, la colonie reste encore largement en phase hivernale. Ces sorties ne sont qu’un ajustement momentané aux conditions favorables.
Pour l’apiculteur, ces observations sont avant tout des indicateurs. Elles permettent de suivre l’évolution du cycle naturel sans intervenir inutilement, en respectant le rythme propre de la ruche.
Article rédigé par Sébastien GOISET, apiculteur et fondateur de Peau de Miel.

